Capri

Mais, où est Brigitte Bardot ? Et Sophia Loren tombant amoureuse de son américain, dansant dans les tavernes ? D’ailleurs, où sont ces tavernes, authentiques, remplies de gens bien habillés, et non de touristes assoiffés ? Et où est la frivolité de l’île, ce bon vivre élégant ? Bon, soyons clair dès le début, cet article na pas comme but d’anéantir le mythe de Capri, mais juste de montrer notre réalité.

Qui n’est pas celle-là, évidemment:

À vrai dire c’est moi qui ait insisté, depuis que je savais que nous allions en Italie, pour aller à Capri. J’ai réservé des mois à l’avance le logement à Anacapri, mais j’y reviendrai par la suite. Pour moi Capri, c’est un mythe, un endroit qui incarne une façon de vivre à l’italienne, une élégance mais aussi une simplicité qui laisse court au naturel. Bon, alors évidemment, ce n’est pas ce que l’on a vu à Capri, mais éventuellement entraperçu… Peut-être que cette légende est encore vivante, mais réservée à certains…

Nous sommes arrivés à Capri en prenant un bateau depuis Amalfi, c’était magnifique car nous avons pu voir toute la côte, dont Positano que nous ne sommes pas allés visiter. Sachez que la côte Almafitaine est inscrite au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, du coup elle ne varie presque pas: régulièrement la zone est survolée pour vérifier qu’aucune construction n’a été réalisée sans permission. De plus, beaucoup de zones ne sont pas constructibles : la montagne est trop fragile et les locaux n’ont pas le droit de dynamiter le sol (ce qui se ferait en temps normal) pour se débarrasser de ce terrain glissant. Ceci explique, bien évidemment, le prix de l’immobilier ! (tout ce petit topos a été expliqué par Antonio, merci !!)

Sachez que l’île est divisée en deux parties: Capri et Anacapri, beaucoup plus sauvage, même si en s´éloignant un peu du village de Capri, on retrouve le calme.

Une fois à Capri, quatre solutions:

Le funiculaire: Il faut donc, une fois au port, aller tout de suite à droite où vous pourrez acheter des billets de bus ou pour le funiculaire. Ensuite, revenez sur vos pas vous verrez l’entrée de suite. Le funiculaire vous laisse en plein centre de Capri, et vous pourrez vous faire LA photo-touriste. La voilà (ratée) :

Le bus: Vous ne logez pas au centre de Capri ? Alors direction le bus ! Après avoir récupéré vos tickets (2 euros), vous trouverez pratiquement au même endroit la queue pour le bus qui vous mène à Capri ou à Anacapri, ce qui était notre cas. On a attendu à peu près 35 minutes, et il semblerait que des fois l’attente est de… deux heures ! Attention, si vous avez une valise, vous devez payer pour celle-ci le prix d’un passager…

Le taxi: Vu le prix de l’île, l’affluence touristique, la beauté des taxis, nous n’avons même cherché à savoir… Si jamais, prévenez-nous!

À pied: Attention, ça chauffe ! Et s’il faut rajouter la chaleur… nous ne le conseillons pas. Nous avons fait la descente une fois, et la marche ne vaut pas vraiment le coup…

Pour le logement, nous dormions à l’agriturismo del Sole Le propriétaire nous avait bien expliqué que nous devions lui téléphoner une fois arrivés à l’arrêt de bus, mais nous avons fait nos fiers et avons décidé d’y aller à pied… Avec deux grosses valises dont une cassée, ce n’était pas une bonne idée ! Dans tous les cas, nous avons adoré le logement: propre, accueil super sympa, magnifique terrasse, belle vue… Les chambres donnent sur le jardin et le petit déjeuner est extra.

Suite une bonne douche, nous sommes allés à la recherche de la Villa San Michele, après avoir rempli notre estomac dans un petit bar à Anacapri. La villa San Michele est à une demi-heure de marche du centre d’Anacapri. Cette magnifique maison a été construite par le médecin Alex Munthe, aussi auteur du livre « Le livre de San Michele », une de mes prochaines lectures! Le jardin fut aussi aménagé par l’auteur, qui en fit une zone de protection pour oiseaux. Mais, ce sphinx ne se lasse-t-il jamais de contempler son île? On veut bien croire que non…

Ensuite, comme nous n’étions pas du tout fatigués (mmmmm), nous avons décidé de descendre les à peu près 800 escaliers phéniciens, 300 mètres de descente, qui valent vraiment la peine. Nous n’avons croisé presque personne, et ça à Capri, c’est magique. Évidemment, nous voulions nous baigner, mais éviter Marina Grande (là où arrivent les ferries). Nous sommes donc allés à la plage « Bagni di Tiberio » (ne vous effrayez pas l’âme l’empereur n’est pas dans les parages !). Pour cela, au lieu d’aller jusqu’au bout des escaliers, vous devez bifurquer à gauche et marcher encore 20 minutes. Certains semblaient nous attendre…

Après ce rafraichissement, nous sommes allés à pied à Marina Grande pour reprendre le bus pour Anacapri. Nous avons voulu manger dans notre Agriturismo pour profiter de la magnifique vue et de la tranquillité de l’endroit. Nous avons vu le coucher de soleil sur la mer à côté de l’île d’Ischia tout en dînant gargantuesquement bien !!! En effet, nous avions peur de dîner à Capri, excessivement cher ? Touristique ? De plus, le conseil que m’a donné une amie italienne est de toujours aller à un agriturismo si on en a la possibilité, alors… 😉

Depuis notre silence, nous entendions le brouhaha de la fête de Capri…

Le jour suivant, nous devions prendre le bateau en fin d’après-midi, nous avons pris le bus jusqu’à Capri, et de la piazzeta nous avons marché jusqu’à la Villa Jovis, à l’extrême est de l’île. Il s’agit des vestiges de l’ancienne habitation de l’empereur Tibère. La marche en été est un peu rude, surtout à cause de la chaleur et de la petite montée (et sûrement les tonnes de pasta dans le ventre, ça n’aide pas !) En chemin, vous pouvez faire une halte dans un petite terrasse, et déguster un citron pressé (un VRAI !) avec une vue… magnifique! Attention, la Villa Jovis n’est ouverte que jusqu’à 15:00. Le détour vaut vraiment la peine, non seulement la vue y est belle, mais aussi les magnifiques villas que l’on croise tout au long du chemin… On a le droit de rêver, non??

Et pour le village de Capri ? Nous pouvons vous faire une petite liste non exhaustive de ce que nous avons vu: des restaurants hors de prix, des magasins hors de prix, des touristes d’une journée, se précipitant dans les rues en groupe, des touristes hyper fringués, beaucoup de retouches post-naissance (vous comprenez ?), beaucoup de « tu m’as vu moi pas »… Bon, on n’a pas vraiment aimé toute cette partie de la ville… et pourtant ! Je suis sûre qu’on est passé à côté de plein de choses, mais peut-être pour la comprendre, il vaut mieux la fréquenter un peu plus…

J’ai laissé, un peu lassée de tant de touristes, plein de lieux à visiter, mais Capri… nous n’en avons pas fini, toutes les deux !!